La structure répétitive au 1er cycle avec… «J’ai vu»

Par Julie Robert


En allant à la librairie Gallimard avec l’intention de trouver l’album C’est un papa lu par Yves Nadon lors de la conférence sur les ateliers d’écriture (organisée par le CDFDF), je suis tombée sur ce petit album format carré. La structure répétitive qu’on y retrouve ainsi que la voix poétique de l’auteure, Cendrine Genin, m’ont tout de suite séduite. Les illustrations de Rascal, toutes en douceur, ont finalement confirmé que ce livre deviendrait un de mes coups de cœur.

«Je l’ai vu sur le rebord du jardin, à la pointe du sapin. Je t’aime petit merle… 
Je l’ai vu onduler dans le vent, si rouge au milieu des champs. Je t’aime coquelicot.» Tout ce que voit un petit et qu’il choisit d’aimer pour la seule raison du cœur.

(Résumé de l’éditeur : http://www.ecoledesloisirs.fr )


Oeuvre intéressante à étudier avec les élèves…

Au fur et à mesure que nous lisons l’album, nous découvrons l’idée principale abordée par l’auteure : décrire par la voix d’un enfant tout ce que ce dernier peut voir et apprécier, tout ce qu’il aime.  C’est avec une simplicité et une douceur que Cendrine Genin reprend de page en page une structure répétitive, mettant ainsi l’accent sur ce que l’enfant observe et sur ce qu’il aime. Des mots simples, des rimes, de courtes phrases, voilà une magnifique œuvre à aborder en écriture avec des élèves.  «Je l’ai vu … Je t’aime…» est la répétition que l’on peut observer à chaque double page. Il s’agit parfois d’un objet (un caillou, un doudou, une fleur…), mais le plus souvent d’un être vivant (un chien, un lapin, un chat, …). En bas âge, les enfants sont captivés par les animaux!  Un bel album à exploiter en classe pour une activité en écriture.

La chute de l’album est extrêmement émouvante étant donné ce rythme imposé par ces phrases succinctes et cette structure répétitive. D’une double page à l’autre, l’auteure nous amène à anticiper ce que l’enfant aura vu : un objet ou un animal.  Nous sommes donc surpris et émus en arrivant à la dernière page : «Je l’ai vu dans mon cœur… Je t’aime Papa, je t’aime maman.» Il y a ici une rupture voulue dans cette récurrence observée.  Il ne s’agit plus d’une observation, mais plutôt de la prise de conscience d’une émotion bien précise, d’une émotion unique.  L’amour que l’on porte à nos parents : un amour inconditionnel!

j'ai vu

Finalement, les illustrations à fond perdu collaborent avec le texte. En effet, la douceur y est saisissable et permet aux lecteurs de ressentir toutes les émotions véhiculées par les mots, toute la sensibilité ressentie par l’enfant qui nous dévoilent ses petites douceurs. De plus, les techniques mixtes utilisées par Rascal réussissent à teinter les images de poésie, s’harmonisant merveilleusement bien avec les rimes que l’on retrouve à chaque double page. Rascal démontre par ailleurs dans cet album à quel point il est un artiste complet et inventif. Utilisant tantôt le mortier de structure auquel il ajoute des grains de sable ainsi que de la pigmentation, mariant à d’autres moments l’aquarelle et le pastel pour créer cet effet de flou, les illustrations sont texturées et démontrent une très grande habileté. Le choix des couleurs, quant à lui, contribue à créer cette atmosphère. Les teintes pastel ont un effet adoucissant plongeant ainsi le lecteur dans toute l’affection et l’amour que l’enfant porte aux douceurs de la vie.


Pistes d’exploitation au 1er cycle…

À travers mon carnet littéraire, découvrez mon analyse de l’album ainsi que les pistes d’exploitation que je vous suggère (inspiration de l’atelier d’Yves Nadon sur les ateliers d’écriture). Des œuvres gravitant autour du livre sont également suggérées à la fin de mon document.

Carnet littéraire : J’ai vu

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By |2017-10-01T08:22:51+00:00septembre 1st, 2015|1 commentaire

Un commentaire

  1. Guylaine David 25 avril 2016 à 13 h 19 min ␣- Répondre

    Un magnifique album!!!

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