Tempête sur la savane : Mon tout premier coup de coeur « D’eux »!

Un article de Julie Robert

Vous avez sans doute déjà entendu parler de cette nouvelle maison d’édition québécoise qu’Yves Nadon et France Leduc ont créée. Les premiers titres publiés par les éditions D’eux comptent déjà parmi les coups de coeur de l’équipe d’ELJ!

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Tempête sur la savane c’est d’abord et avant tout une idée de Michaël Escoffier, une idée de jouer avec les mots comme il l’avait fait dans Sans le A ou encore dans L’Anniversaire. Cette idée a germé il y a quelques années alors qu’il avait lu l’album La petite grenouille qui avait mal aux oreilles, nous racontait Escoffier lors de l’incroyable congrès De mots et de craie. Il s’était alors dit qu’il voulait, lui aussi, jouer avec les mots et créer des doubles sens en s’amusant à omettre certaines lettres ou certaines syllabes. Mais il n’avait pas encore réussi à créer un album complet où l’histoire serait en totalité créée grâce à ce procédé. C’est sa rencontre avec Yves Nadon (et une magnifique collaboration avec Manon Gauthier) qui nous permet aujourd’hui de lire et de relire cette histoire à la tonalité humoristique, cette histoire à double sens qui séduira vos élèves et les amènera également à vouloir à leur tour s’amuser avec les mots.

Michaël Escoffier et Manon Gauthier, congrès De mots et de craie

Intérêt du paratexte

Le titre attirera l’attention dès le départ. Une tempête sur la savane? Les élèves qui savent ce qu’est la savane pourront faire des prédictions sur le type de tempête… Une tempête de neige? Est-ce possible? Une tempête de sable? C’est probable. La typographie choisie pour le titre, estompée aux extrémités comme si des grains de sable l’avaient recouverte, est un choix judicieux qui mènera peut-être vos élèves sur une (fausse) piste.

En montrant rapidement la quatrième de couverture aux élèves et en leur lisant le résumé qu’on y retrouve (je proposerais pour la première lecture de ne pas faire référence aux différentes couleurs de la typographie), ils penseront sans doute à un éléphant d’une humeur maussade, humeur peut-être due à la tempête. À noter que lors de la relecture, j’inviterais les élèves à observer le changement de couleur à l’intérieur du résumé et, surtout, à bien observer le petit singe qui y est illustré. Mais pourquoi se pince-t-il le nez à votre avis?

Les pages de garde seront également à observer en grand groupe. Pourquoi les animaux semblent-ils tous se cacher ou encore semblent-ils prendre la fuite? Quelle est cette tempête qui s’abat sur eux?

C’est alors que je vous invite à construire avec vos élèves l’intention de lecture qui pourrait être de découvrir quelle est cette tempête qui s’abat sur la savane.

Ne pas oublier de lire les dédicaces sur la page titre. Celle de Michaël Escoffier m’a fait sourire : « Pour tous les amateurs de cacahuètes »


La richesse de cet album

Au niveau du texte, la richesse de l’album réside dans le double sens de l’histoire, double sens créé grâce au changement de couleur de certaines syllabes d’un mot. Ce procédé utilisé (omission de syllabes) nous dévoilera deux versions, deux histoires. Voici donc deux résumés, deux versions de mon analyse, question de vous plonger déjà dans l’univers créé dans ce petit chef-d’oeuvre des éditions D’eux.

À la première lecture…

C’est d’un point de vue externe que le narrateur nous dévoile le récit et nous fait découvrir le personnage principal, un éléphant d’une humeur exécrable.  Il rouspète, rouspète et rouspète sans cesse. Bien entendu, tous les animaux qui le rencontrent et l’entourent n’en peuvent plus. Comment faire pour que ce pachyderme s’arrête de rouspéter? Les élèves pourront sans doute émettre des pistes de solution. Que croyez-vous que les animaux feront? Finalement, la chute est des plus intéressantes non pas de par sa fin inattendue, mais plutôt de par sa couleur, une couleur humoristique comme sait si bien le faire Michaël Escoffier.

À la relecture…

C’est d’un point de vue externe que le narrateur nous dévoile le récit et nous fait découvrir le personnage principal, un éléphant d’une odeur exécrable.  Il rouspète, rouspète et rouspète sans cesse. Bien entendu, tous les animaux qui le rencontrent et l’entourent n’en peuvent plus. Comment faire pour que ce pachyderme s’arrête de rouspéter? Les élèves pourront sans doute émettre de drôles de pistes de solution. Que croyez-vous que les animaux feront? Finalement, la chute est des plus intéressantes non pas de par sa fin inattendue, mais plutôt de par sa couleur, une couleur humoristique comme sait si bien le faire Michaël Escoffier.

Il sera intéressant, à la fin de la première lecture, de faire un retour sur l’intention de lecture de départ. Quelle est cette tempête qui s’abat sur eux? Et pourquoi ne pas reposer cette question après la deuxième lecture (lecture où vous omettrez les syllabes en blanc).

tempête sur la savane

© Michaël Escoffier et Manon Gauthier « Tempête sur la savane », Éditions D’eux.*

Au niveau des illustrations, l’album est extrêmement vivant étant donné le superbe travail de Manon Gauthier. Le découpage, le collage et le dessin auxquels cette illustratrice québécoise nous a habitués donnent une seconde dimension à l’album. Par exemple, aux pages 10 et 11 (considérant la page titre comme la page 1), les techniques utilisées par Gauthier donneront l’impression aux lecteurs que cette page est texturée. Le collage donne donc une belle profondeur à ce texte humoristique. Les pets, quant à eux, « aérerons l’histoire » comme l’a fait remarquer avec beaucoup d’humour Stéphane Poulin qui était présent à la conférence d’Escoffier et de Gauthier au congrès De mots et de craie!


Découvrez-en plus à travers cette vidéo.  Avertissement!! Vous aurez par la suite l’envie soudaine de courir l’acheter. 🙂

Pour vous procurer les livres dont il est fait mention dans l’article…
   

*Extrait diffusé dans l’article avec l’accord de l’éditeur.

CC  © Julie Robert

By |2017-10-01T08:22:23+00:00avril 26th, 2016|0 commentaire

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