Par Julie Robert

Aborder l’éthique à partir de la littérature jeunesse était le défi que je m’étais fixée l’an dernier lorsque j’enseignais en 6e année. Je suis d’avis que les albums jeunesse regorgent de petits trésors qui peuvent amener nos élèves à réfléchir aux différentes composantes que l’on doit aborder selon la progression des apprentissages. C’est donc avec l’idée de découvrir de nouveaux albums que j’arpentais les rayons de la librairie Monet.

petit pointLa première de couverture de l’album au coeur de cet article m’a tout de suite attirée, puis, en ouvrant le livre, je suis tombée sous le charme du travail collaboratif de Macri et Zanotti qui ont réussi à aborder une thématique difficile avec grande délicatesse. Lire Petit point, c’est entrer dans un univers pictural captivant tout en se plongeant dans une grande réflexion…

Ce grand format à la française nous dévoile une multitude de petits points noirs et blancs sur sa première de couverture. Au centre, le titre apparait sur un grand point blanc isolé. Cet élément du paratexte est à observer avec les élèves avant même d’avoir entamé la lecture. Petit point. Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas choisi d’écrire pointS au pluriel? Pourquoi au singulier? Y a-t-il à votre avis une intention derrière ce choix? C’est alors que j’observerais en parallèle la 4e de couverture et que je lirais le résumé : « Des petits points pour découvrir un monde meilleur ». En grand groupe, je construirais avec mes élèves l’intention de lecture. Par exemple, notre intention pourrait être de découvrir comment les petits points feront de ce monde un monde meilleur.

Les pages de garde, d’un bleu éclatant, contrastent avec la couverture observée. J’expliquerais à mes élèves que le bleu est une couleur souvent associée aux rêves. Je les amènerais ainsi, grâce à cette information divulguée, à réfléchir à leur intention de lecture. Devrions-nous rêver d’un monde meilleur? Ce livre est-il d’actualité? Ensuite, je débuterais ma lecture à voix haute, une lecture lente, une lecture contemplative pour permettre aux élèves de bien apprécier cet album graphique qui mise sur la simplicité des formes et une rigueur contrastante entre le noir et le blanc.

Une fois cette première lecture faite, je ferais en grand groupe un retour sur notre intention de lecture et j’amènerais mes élèves à discuter de cet album qui peint une réalité quotidienne à laquelle les médias nous exposent : la guerre, les migrants, l’accueil, l’acception des différences, le vivre-ensemble. À la suite de cette discussion, je montrerais aux élèves l’oeuvre de Michel Ange, la création d’Adam en zoomant l’image pour ne voir que de cette oeuvre les deux mains, deux mains qui se touchent presque…qui se rejoignent enfin. Un parallèle intéressant à faire, car la chute de l’album Petit point est une réelle intericonicité : on reconnait en effet dans l’avant-dernière double page de l’album la célèbre oeuvre du peintre italien.

creation d'adam

Relecture de l’album et évaluation proposée en ECR 

Dans les jours suivants, je relirais l’album à mes élèves en leur expliquant qu’ils devront par la suite répondre à trois questions qui seront évaluées. Je leur donnerais mon intention pédagogique : Expliquer comment des actions ou des attitudes peuvent favoriser ou, au contraire, nuire à la vie en société. Puis, à la suite de la lecture faite (livre à projeter au TBI à partir d’une caméra document), les élèves devraient individuellement répondre aux questions posées. À noter que pour la question 1, je leur donnerais des précisions : développer en m’expliquant la symbolique derrière cette illustration.

Voilà une activité toute simple autour d’un magnifique album qui me permettrait de conserver une trace à des fins évaluatives. N’hésitez pas à me partager vos impressions si vous exploitez à votre tour cet album dans votre classe. 🙂

Évaluation proposée : Petit-point-evaluation-ECR


Pour vous procurer l’album dont il est fait mention dans l’article…