Un article de Catherine Gosselin-Lavoie (collaboration spéciale)

Le livre qui parlait toutes les langues, écrit par Alain Serres et illustré par Frédéric Sochard aux éditions Rue du Monde, représente une ressource précieuse pour instaurer dans sa classe un climat d’ouverture à la diversité linguistique. À tout coup, il pique la curiosité des élèves, petits comme grands, envers cette réalité bien présente dans les écoles du Québec, particulièrement à Montréal et dans ses environs. Véritable mise en abime, ce livre est écrit en français ainsi que dans une vingtaine de langues. En effet, sur chaque page figure le texte en français ainsi que sa traduction dans une autre langue : albanais, tamoul, comorien, espagnol, japonais, anglais, mandarin, swahili, khmer, persan … et même dans la langue du loup !

Le livre relate l’histoire d’un petit garçon qui, marchant longuement, atteint la forêt où il s’installe au pied du plus grand arbre de la forêt et s’adonne à la lecture de ce fameux livre qui parle toutes les langues. Rusé, il se servira du fait que son « histoire recommence dans une autre langue » pour berner le méchant loup prêt à le dévorer. Ce dernier se laissera duper par la stratégie du petit garçon qui consiste à répéter la lecture de son livre, dans une langue différente chaque fois, jusqu’à en endormir le loup, affamé et épuisé. Il s’agit ici d’une bonne occasion pour faire un clin d’œil aux élèves qui parlent une (ou plusieurs) autre(s) langue(s) que le français et mettre en valeur le fait qu’il s’agit d’une richesse, d’un atout, quelle que soient ces langues.

Par ailleurs, intéressant à exploiter dans le cadre d’un réseau littéraire sur le thème du loup, Le livre qui parlait toutes les langues permet d’apporter une petite touche plurilingue à un réseau d’œuvres. Par exemple, on peut demander aux élèves de comparer la réaction ou le caractère du loup à d’autres loups qu’on retrouve dans différents albums (Ami-ami de Rascal, pour n’en nommer qu’un!) ou dans des contes traditionnels (Le petit chaperon rouge, Les trois petits cochons, etc.).

Pour ceux qui voudraient exploiter ce livre, mais qui s’inquiètent de ne pas parler toutes ces langues (!), ils seront heureux d’apprendre qu’il vient accompagné d’un CD. Il est donc possible d’écouter l’histoire en français seulement, en français ainsi que dans les différentes langues ou bien dans les différentes langues seulement, le tout sur fond musical. À la fin du livre se trouve un glossaire des différentes langues présentes dans le livre qui nous indique dans quels pays elles sont parlées. Une bonne façon de se familiariser un peu plus avec quelques-unes des 6000 langues présentes sur terre !

Ce livre se prête tout aussi bien à une exploitation dans une classe où l’ensemble des élèves ont le français comme langue maternelle que dans une classe où les élèves parlent une ou plusieurs autres langues à la maison, qu’elles figurent, ou non, dans le livre. Dans un cas comme dans l’autre, le livre pourra servir de déclencheur à une activité d’éveil aux langues*. Entre autres, à partir de la version audio, il est intéressant de demander aux élèves d’essayer de reconnaitre ou de deviner de quelles langues il s’agit. Entrain garanti chez les élèves qui entendront la langue parlée à la maison ou qui reconnaitront une langue parlée par leurs grands-parents, leurs amis ou encore une langue entendue en voyage.

Ou alors, pourquoi ne pas proposer (sans toutefois imposer) aux élèves qui peuvent lire dans ces langues, et qui démontrent de l’intérêt pour le faire, de faire la lecture de ces passages dans les différentes langues. Pour ceux qui seront déçus de ne pas avoir entendu une langue en particulier, il est possible, en guise de prolongement, d’inventer une suite à l’histoire, de façon collective ou individuelle, et d’écrire le passage en français et dans les langues en question. Dépendamment de l’aisance des élèves dans ces langues, on pourra solliciter l’aide des parents, de la famille.

* Éveil aux langues : « Il s’agit, par la manipulation et le contact avec des corpus de différentes langues, de sensibiliser les apprenants à la diversité des langues et, à travers l’objet langue, de leur faire prendre conscience de la diversité des êtres qui les parlent. » Pour en apprendra davantage sur le sujet, consultez la page d’ÉLODIL.

Bonne lecture!       Have a good reading!       ¡Buena lectura!            Kellemes olvasást!

 

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