Enseignez-vous les arts plastiques malgré vous? Voici le livre qu’il vous faut.

Par Julie St-Pierre


 

Si vous êtes comme moi, un titulaire qui doit enseigner cette discipline et que ce ne soit pas votre tasse de thé, je vous présente l’album que vous voudrez lire à vos élèves avant le premier cours.

Dessine-moi un petit prince de Michel Van Zeveren fait bien sûr un lien avec Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Voilà un premier point en faveur de cet album d’un auteur-illustrateur qui roule sa bosse depuis bientôt vingt ans. Après avoir exploité cette oeuvre, pourquoi ne pas lire la version classique à vos élèves?

Dans toutes les classes, il y a de très bons élèves en dessin et d’autres pour qui c’est plus difficile. Inévitablement, une compétition ou de la comparaison s’installe. Cet album présente cette différence de talents. À la toute fin de l’histoire, c’est le moins doué qui recevra les éloges de ses compagnons pour son dessin. Deuxième point pour l’album!

Le troisième point marqué par cet album est qu’il nous amène à voir autrement. Lorsque Petit mouton rentre chez lui bien déçu de ne pouvoir dessiner un petit prince, il demande à sa mère de lui en tracer un. Celle-ci lui avoue ne pas être très douée en dessin et joue de ruse afin de reproduire autre chose. Petit mouton lui demande alors de dessiner un cheval. À sa grande surprise, elle lui présente ce qui ressemble à un demi-cercle. Elle lui explique qu’elle a préféré dessiner « le caillou au pied du cheval » (p.18), qu’elle « préfère dessiner ce que personne ne regarde » (p.18). À son arrivée à l’école le lendemain, le dessin de la maman fait sensation. Une nouvelle mode est lancée : tout le monde se met « à dessiner ce que personne ne regarde » (p.22).

Petit mouton n’est pas plus avancé, il ne trouve rien à dessiner, tout ce qu’il voit c’est son manque de talent. Il finit par dessiner un cercle qui représente un zéro. Une fois celui-ci tracé, il se met à en dessiner d’autres. Un premier compagnon de classe vient le voir et Petit-mouton est gêné de montrer son dessin. On lui demande de dire ce qu’il a dessiné et il répond : « Bah… des trucs que j’imagine » (p.30). À sa grande surprise, tous ses compagnons le trouvent vraiment très fort puisqu’il a dessiné des trucs que les autres ne voient pas. Quatrième point marqué! Il rentre alors à la maison, fier de lui. C’est sa maman qui a le dernier mot de l’histoire en le qualifiant de « petit prince du dessin ».

La dernière double-page présente un dessin très enfantin. Vos élèves émettront peut-être quelques commentaires négatifs à son sujet. Une bonne discussion avec eux vous permettra de leur faire réaliser votre intention en leur lisant cet album, malgré ce dessin plutôt simple.

À mon avis, la lecture de cet album pourrait enlever un certain stress aux élèves qui se sentent moins compétents en arts plastiques tout en leur permettant de réaliser qu’il y a plusieurs façons de voir une même réalité, donc différentes réalisations possibles en arts plastiques.


Pour vous procurer l’album dont il est fait mention dans l’article…

 

By |2017-10-01T08:21:47+00:00août 17th, 2017|3 Comments

3 Comments

  1. Vicky 17 août 2017 à 9 h 16 min ␣- Répondre

    Wow ! Je vais me procurer ce livre, c’est sûr! Merci!!! Conbais-tu d’autres livres de littérature jeunesse qui se prêtent bien aux arts plastiques ? J’adore ca!

    • Catherine Boissy 17 août 2017 à 9 h 56 min ␣- Répondre

      Il y a L’ours qui a vu l’homme qui a vu l’art (raf) et aussi Augustine (Melanie Watts) pour l’appréciation littéraire. Le chat le plus bête du monde est un album très rigolo qui fait référence à plusieurs oeuvres connues.

  2. Marie Barguirdjian 17 août 2017 à 10 h 02 min ␣- Répondre

    Super Julie! Il fait partie des albums dont je parlerai dans mon nouveau blogue http://www.artstramgram.org ! J’adore l’humeur de Van Zeveren qui n’est jamais gnangnan! Et puis ça parle aussi un peu de l’héritage familial, non? Parfois on lance à nos enfants, « je n’ai jamais été forte en maths » et ça semble une fatalité!

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