Par Amélie Ponton

Légèrement en retard pour l’Halloween, je vous ai parlé de la collection noire de La courte échelle l’année dernière : http://enseignerlitteraturejeunesse.com/2016/11/03/le-champ-maudit-de-francois-gravel-et-cathon/

Je me reprends maintenant, un peu en avance, pour vous présenter un roman à lire absolument à vos élèves en quête de frissons!

Tous les ingrédients sont réunis dans  Les vieux livres sont dangereux de François Gravel pour nous tenir en haleine du début à la fin.  Nous nous attachons rapidement à Mathieu, jeune élève sportif, qui se retrouve à faire le ménage des livres désuets dans le sous-sol de l’école et nous détestons tout aussi rapidement Viateur, bibliothécaire inquiétant de l’école.  En plus des personnages, les lieux décrits par l’auteur nous plongent dans une ambiance bien macabre.  Quoi de mieux qu’une école, sa vieille bibliothèque et sa cave inconnue pour faire vivre aux enfants un moment angoissant.  Nous n’aurions pas la même expérience de lecture sans les illustrations et la mise en page originale.  Les pages deviennent noires en même temps que Mathieu est plongé dans l’obscurité opaque du 6e sous-sol.  Notre imagination fait des siennes à la vue des squelettes d’animaux, des araignées épinglées, des animaux empaillés ainsi que des crânes et des organes un peu trop réalistes.  Bref, notre angoisse décuple au même rythme que celle du pauvre jeune homme enfermé dans les décombres de son école désertée.  Quant à la chute, ouf!  Elle nous laisse avec un lot de questions et d’incertitudes qui prouvent encore une fois que François Gravel comprend l’intelligence du jeune lecteur et lui laisse toute la place pour réfléchir à sa propre interprétation.

Pour en faire un pur délice, la recette ne serait pas complète sans la plume unique de François Gravel.  Bien qu’il s’agisse d’un roman d’horreur, l’auteur ne s’empêche pas d’y ajouter sa touche d’humour : « Mon professeur de français considère qu’aller à la bibliothèque est une punition.  C’est quand même bizarre, quand on y pense. »  La narration interne et la force des mots choisis nous donnent vraiment l’impression d’être dans la peau du personnage : « J’avais beau me dire que je ne devais pas perdre mon temps à regarder ces images, une force obscure me poussait à les contempler, comme si elles avaient le pouvoir de m’hypnotiser. »

Qu’attendez-vous pour découvrir et lire à vos élèves cette œuvre parfaite pour la fête de la peur?

Oh, et on me dit à l’oreille que deux autres titres viennent s’ajouter à la collection dès cette semaine!  Je suis un monstre de Denis Côté, aussi reconnu pour ses romans à suspense et L’homme de la cave d’Alexandre Côté-Fournier.  Ne manquez pas son dernier livre : L’agence mystérium, aussi approprié pour le mois d’octobre que pour votre prochain réseau sur les romans policiers!

 

Pour vous procurer les romans dont il est fait mention dans l’article :