La feuille d’or

Un article de Louisanne Lethiecq

Alors que la nature revêt ses plus belles couleurs, je me prépare à lire La feuille d’or publié chez Comme des géants à mes élèves. Plonger dans ce petit bijou de Kristen Hall, c’est comme valser pieds nus sur le duveteux tapis de mousse qui court entre les racines tortueuses des arbres matures. C’est s’allonger au Soleil dans l’herbe fraîche, fermer les yeux et se laisser bercer par l’aurore boréale qui défile lentement derrière nos paupières closes. C’est entrer dans un univers à la fois tendre et sauvage.

Il s’agit d’une histoire d’envie, de convoitise, mais aussi de partage et de respect. À l’instant où les premiers bourgeons pointent le bout de leur nez, un trésor lumineux est soudainement dévoilé à tous. Une feuille d’or! En un éclair, tous les animaux des bois souhaitent posséder cette fortune dorée et s’en suit une course endiablée pour mettre la main dessus. En moins de deux, la précieuse feuille passe entre les pattes de l’un, le bec de l’autre et les dents du dernier. Malheureusement, leur fragile pactole ne survit pas à toute cette agitation.

J’adore cet album. Le récit se décline en mille nuances et les parfums se transforment au fil des saisons. Le texte est admirablement bien écrit, dans un style poétique où le rythme changeant ponctue agréablement le récit, aussi imprévisible qu’une fine pluie de printemps. Les illustrations tendres, pleines de contraste et de couleurs de Matthew Forsythe traduisent bien le mouvement des personnages. Je rêve secrètement d’une pièce où les murs seraient tapissés aux motifs des pages de garde…

Cette oeuvre permet une discussion riche sur la notion d’avarice, de partage, du cycle de la vie, des saisons et du respect de l’environnement. J’utilise également cet album en arts plastiques et j’applique la démarche suivante :

  1. Marche dans le quartier pour observer différentes espèces d’arbres.
  2. Observation et collecte de feuilles pour le frottis.
  3. Coller les feuilles (côté nervure vers le haut) sur des feuilles blanches avec un tout petit morceau de ruban adhésif.
  4. Réaliser un frottis (une couleur différente par feuille) à l’aide de crayons de cire.
  5. Découper les feuilles et les assembler en couronne sur une feuille noire.
  6. Ajouter une feuille dorée. Voilà!

Finalement, je m’en sers pour aborder la notion de nuance, tant sur le plan pictural que sur le plan sémantique. Je propose aux élèves d’écrire des adjectifs sur des cartons d’échantillons de peinture et ils doivent ensuite (en dyade) trouver le plus grand nombre possible de ‘’nuances’’ à l’adjectif et les placer dans une gradation logique.

Ex. Fâché : mécontent, contrarié, colérique, furieux, enragé, déchaîné, etc.

Bonne et heureuse lecture!


Pour vous procurer l’album dont il est fait mention dans l’article, c’est par ici…

By |2018-10-11T19:25:45+00:00octobre 11th, 2018|1 commentaire

Un commentaire

  1. Sylvie 11 octobre 2018 à 9 h 24 min ␣- Répondre

    Madame Louisanne,
    j’ai lu avec plaisir quelques-uns de vos textes et ce dernier n’échappe pas à la règle…J’ai été charmée!
    Vous lire est un réel plaisir ! Ça « coule » tout soucement et c’est invitant.
    À chaque fois, vos écrits m’inspirent.
    Merci beaucoup de ces partages et surtout, longue vie à votre plume !
    Sylvie

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