Capitaine Rosalie : Une lecture feuilleton pour aborder la persévérance

Par Lucie Béchard et Benita Kanozayire


Le retour de la relâche est un moment parfait pour débuter une lecture feuilleton. En fait, ce dispositif est idéal à tout moment de l’année! Au 3e cycle, nous avons l’habitude de l’exploiter lors de la lecture de romans, mais cette fois-ci, nous vous proposons Capitaine Rosalie, un superbe album publié chez Gallimard jeunesse.

 

Capitaine Rosalie, de Timothée de Fombelle et Isabelle Arsenault

Rosalie est capitaine, capitaine de guerre. Au début du récit, on ne connait pas encore les aspirations du personnage, mais on sait que c’est important pour elle. Le cadre du récit se situe lors de la Première Guerre mondiale. La mère de Rosalie doit travailler et elle laisse sa fille aux bons soins du maitre de l’école avoisinante. Du fond de la classe,  où les élèves sont plus vieux qu’elle, Rosalie passe inaperçue. Personne ne soupçonne qu’elle est investie d’une mission! Elle est attentive et note, dessine dans son carnet.

 

« Je suis déguisée en petite fille de cinq ans et demi, avec mes chaussures, ma robe et mes cheveux roux. Je n’ai pas de casque et d’uniforme pour ne pas me faire remarquer. Je reste là, silencieuse. Pour tous les grands, je suis la petite fille qui vient s’asseoir au fond de la classe et ne fait rien toute la journée. »

© Capitaine Rosalie, de Fombelle et Arsenault, Gallimard jeunesse (p. 6)

À la maison, sa mère reçoit des lettres de son père qui est à la guerre. De quelle mission Rosalie s’est-elle investie? Qui seront ses alliés? C’est ce que les lecteurs auront à découvrir à travers cette œuvre puissante et rythmée de Timothée de Fombelle. C’est en versant plusieurs larmes que l’on apprendra que la mission de Rosalie était d’apprendre à lire. Pourquoi? Pour lire les dernières lettres que son père a envoyées. Surtout la lettre bleue! Elle se rend alors compte que sa mère détournait la vérité pour la protéger. Mais Rosalie sentait qu’il y avait quelque chose à découvrir : la vérité!

Ce récit extrêmement touchant tiendra vos élèves en haleine tout en leur faisant découvrir la dure réalité qui habitait ceux qui vivaient à cette époque, durant la Première Guerre mondiale. Vous serez aussi charmés par les illustrations époustouflantes de Isabelle Arsenault. Délicates, sobres et nuancées, elles collaborent grandement à nous plonger dans l’atmosphère du récit.

 

La lecture feuilleton : un dispositif idéal pour modéliser et interagir

La lecture feuilleton est inspirée des téléromans. Il s’agit d’une lecture faite par l’enseignant ou par un élève, sur plusieurs jours, à la manière d’un téléroman. Idéalement, le texte est projeté afin que tous y aient accès. C’est l’occasion pour l’enseignant de modéliser les habiletés d’un lecteur expert. Les élèves seront ainsi amenés à identifier et à résoudre les bris de compréhension, à réagir spontanément et à interpréter le texte. À l’aide de ce dispositif, il sera possible de construire une compréhension commune et élaborée du récit tout en favorisant l’interaction entre les lecteurs. De cette manière, ils pourront explorer différentes interprétations, les justifier à l’aide d’extraits et d’exemples du texte et réagir aux propos des autres.

Pour la lecture feuilleton de Capitaine Rosalie, nous avons décidé de scinder le récit en 4 parties afin d’entretenir le suspense et de susciter une réflexion approfondie des personnages et des moments-clés. La lecture s’est donc étendue sur 4 périodes. Lors de chacune des périodes, des arrêts ont été prévus afin d’amener les élèves à réfléchir et à interagir.

« Précédemment dans Capitaine Rosalie… »

Avant de lire une nouvelle partie, nous avons demandé aux élèves de faire le rappel de ce qui a été lu précédemment.

 

Le carnet de lecture : un outil d’apprentissage

À la fin de chacune des parties, nous avons décidé de consigner les réflexions des élèves dans un carnet de lecture. Plusieurs questions leur ont été proposées. Ces questions touchent les quatre dimensions de la lecture. Les élèves peuvent ainsi choisir les questions auxquelles ils souhaitent répondre. Notre intention pédagogique est alors d’amener les élèves à approfondir leur réflexion et à s’appuyer sur des extraits et des exemples du texte.

Ensuite, les élèves sont invités à partager ce qu’ils ont noté au reste du groupe. Ceux qui écoutent peuvent alors ajouter des éléments à leurs réponses. L’objectif est d’obtenir la réponse la plus complète et la plus précise possible.

 

Le journal dialogué : un outil d’enrichissement

À certains moments, l’enseignant peut demander aux élèves d’échanger leurs cahiers plutôt que de faire un partage en grand groupe. Les élèves doivent alors réagir par écrit à la réponse de leur camarade. C’est une occasion supplémentaire pour eux d’approfondir leurs justifications et, pour l’enseignant, de vérifier leur niveau de compréhension.

 

La rétroaction : les bandes d’évaluation

Pour évaluer la qualité de certaines réponses des élèves, nous utilisons des bandes que nous collons dans le carnet de lecture. En plus des commentaires de l’enseignant, c’est une occasion supplémentaire pour l’élève d’obtenir une rétroaction. Il s’agit d’une échelle descriptive propre à chacune des dimensions de la lecture. Elles ont été conçues en collaboration avec Audrey Leduc (CSDGS).

Pour télécharger les bandes à découper et à coller, cliquez sur l’image ci-dessous.

 

Pour en savoir davantage à propos de la lecture feuilleton et du journal dialogué, nous vous invitons à visionner nos vidéos sur notre compte Instagram :

 Pour télécharger la planification complète de la lecture feuilleton de Capitaine Rosalie, cliquez sur l’image ci-dessous…

 

Et vous, lequel de ces outils mettrez vous en place avec vos élèves?


Pour vous procurer le livre dont il est fait mention dans l’article…

By |2019-03-16T19:11:54-04:00mars 16th, 2019|0 commentaire

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