Par Annie Gravel, enseignante en 5e année à l’école Sauvé (CSSMI)


Au troisième cycle, en éthique et culture religieuse, il y a tout un volet sur les exigences de la vie en société et sur les membres de celle-ci. On y parle d’actions acceptables ou inacceptables, d’attitudes qui favorisent ou qui nuisent à la société, des normes et des valeurs, des droits et des responsabilités ainsi que des actions ou des attitudes qui peuvent diminuer les tensions ou les conflits dans la société. Je trouve que c’est une très belle porte d’entrée pour parler des droits des enfants. Les enfants sont souvent étonnés de savoir qu’il existe une Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies dont la majorité des pays du monde en font partie. En plus, en novembre, cela fera 30 ans que la Convention a été adoptée!

En classe, travailler les droits des enfants…

En introduction, je demande aux enfants pourquoi, selon eux, on aurait créé une convention pour les droits des enfants. Rapidement, ils sont capables de nommer que les enfants ne sont pas aussi bien traités partout dans le monde et qu’ils sont plus vulnérables que les adultes. Ensuite, on discute de ce qu’il pourrait y avoir dans cette convention. Quels droits ont-ils selon eux? Je donne des exemples de droits qu’ils n’ont pas encore, mais dont ils ont sûrement déjà entendu parler, comme le droit de conduire à l’âge de 16 ans, le droit de voter à l’âge de 18 ans, etc.

Nous faisons un remue-méninge et je leur présente par la suite l’album Léon et les droits de l’enfant d’Annie Groovie publié chez La Courte Échelle. Ce petit bijou littéraire a été réalisé en collaboration avec Unicef et verbalise en langage d’enfant les droits de cette convention, toujours en mettant en vedette Léon dans une illustration originale. J’ai personnellement ciblé en relecture les droits dont je voulais parler davantage aux élèves (p. 16, 22, 26, 30, 32, 34, 36, 42, 44, 46 et 52). Je vous invite également à consulter le site d’Unicef qui regorge d’activités à faire avec les élèves sur ce sujet.

Je compte lire plusieurs autres albums sur les droits des enfants où les élèves auront à me cibler quels droits ont été bafoués. Nous pratiquerons également le dialogue après chaque album où je poserai des questions éthiques pour alimenter les discussions. (Voici ci-dessous, deux exemples tirés des carnets de mes élèves…erreurs non corrigées 🙂 .)

 

Voici mes suggestions littéraires pour une bibliographie complète abordant les principaux droits des enfants

Pour télécharger le document au complet, c’est par ici : Bibliographie à télécharger

Pour télécharger le document proposant des ressources gratuites à utiliser avec vos élèves : Ressources à télécharger

Pour le droit aux soins de santé, à l’accès à l’eau potable, à des aliments nutritifs et à un environnement propre et sûr, j’utilise Pablo trouve un trésor d’Andrée Poulin, La princesse de l’eau claire de Susan Verde, La pauvreté et la faim de Louise Spilsbury et Hanane Kai ainsi que Nibi a soif, très soif de Sunshine Tenasco. Dans ce dernier, les enfants seront étonnés de savoir que même au Canada certaines communautés autochtones n’ont pas accès à l’eau potable.

Pour le droit à l’éducation, bien évidemment Le crayon magique de Malala de Malala Yousafzai qui peut également servir pour le droit de la liberté d’expression (billet de Catherine ici), Chère Malala et En route vers l’école de Rosemary McCarney et finalement Sur le chemin de l’école d’Anne Bouin.

Pour le droit d’être protégé contre le travail qui nuit à la santé et le droit d’être protégé contre toutes formes d’exploitation, il y a Les quatre saisons d’Elfina d’André Jacob, Libre, le long voyage d’Henri d’Ellen Levine et l’album documentaire Le travail des enfants de Marc Hélary qui peut certainement être présenté en partie. Je ne conseillerais pas de le laisser aux élèves puisqu’il contient une section sur la prostitution et les enfants soldats. Ces deux thèmes doivent être abordés avec une très grande délicatesse.

 

Pour le droit à une protection spéciale si l’enfant est un réfugié, je recommande Y’a pas de place chez nous d’Andrée Poulin (fiche pédagogique de l’éditeur disponible ici et article de Julie ici), Lapin-Chagrin et les jours d’Elko par Sylvie Nicolas (guide pédagogique de l’éditeur disponible ici), Quand c’était la guerre et que je ne comprenais pas le monde de Joke van Leeuwen (billet et fiche pédagogique ici) et finalement Réfugié n’est pas mon nom de Kate Milner ainsi que Les réfugiés et les migrants de Ceri Roberts et d’Hanane Kai.

 

Pour le droit de vivre en paix et d’être protégé en région de guerre, il existe une panoplie d’albums percutants. En voici quelques-uns; Pow Pow t’es mort de Marie-Francine Hébert (lecture interactive ici), Une petite bouteille jaune d’Angèle Delaunois, Une guerre pour moi de Thomas Scotto (une lecture interactive ici), Le jour où la guerre est arrivée de Nicola Davies et de Rebecca Cobb ainsi que La guerre et le terrorisme de Louise Spilsbury et d’Hanane Kai.

Pour le droit de s’exprimer librement, on peut utiliser l’album Le prisonnier sans frontières de Jacques Goldstyn. Même s’il ne s’agit pas d’un enfant qui est prisonnier, on peut faire un beau parallèle avec la liberté d’expression et même organiser un marathon d’écriture avec Amnistie International afin d’envoyer des lettres d’espoir aux prisonniers injustement emprisonnés.

 

Finalement, je compte terminer mon thème avec le merveilleux album Les enfants de l’espoir d’Annick de Giry. Huit courtes histoires sur des enfants qui ont choisi de lutter contre les injustices pour faire bouger les choses. On peut demander aux élèves de faire une recherche sur ces huit enfants qui ont changé le monde ou encore simplement lire leur histoire et aller cibler les droits qui ne sont pas respectés, puisque souvent, il y en a plus qu’un malheureusement. J’invite alors les élèves à réaliser l’impact que peut avoir une action pour la société et l’importance de croire en ses valeurs. On peut faire une merveilleuse écriture à la fin de ce projet sur ce qu’il changerait dans le monde s’ils en avaient la possibilité. Et pourquoi ne pas utiliser Cent enfants imaginent comment changer le monde de Jennifer Couëlle pour initier cette écriture!

Si vous avez des suggestions d’albums qui seraient pertinents à ajouter, n’hésitez pas à nous en faire part!


Pour vous procurer les livres dont il est fait mention dans l’article, c’est par ici…