Par Julie Robert

On ne le répète jamais assez : il est essentiel comme enseignant(e) de continuer à se former, d’être à l’affut de ce qui se fait dans le milieu dans lequel nous gravitons. Que ce soit en assistant à des congrès (AQEP, De mots et de craie ou encore, le Pédagofest où l’équipe d’ELJ prendra part cet été), que ce soit en assistant aux formations du CDFDF, que ce soit simplement dans le confort de notre maison par la lecture d’ouvrages professionnels, il est de notre devoir d’élargir nos horizons en nous perfectionnant.

Je vous présente dans cet article une nouveauté chez Chenelière : L’album jeunesse, un trésor à exploiter. Comment s’assurer que cet ouvrage sera pertinent et en vaudra l’achat? Et bien, vous n’avez qu’à regarder la première de couverture! 🙂 C’est nulle autre qu’Andrée Poulin qui l’a écrit. Voilà pourquoi c’est une valeur sûre!!

Dans la préface, Mme Poulin se dit être une auteure et non pas une pédagogue. Bien entendu, il est vrai que nous la connaissons comme auteure jeunesse, mais c’est en lisant le premier chapitre que j’ai souri en repensant à cette affirmation émise. Andrée Poulin n’est peut-être pas une pédagogue sur papier, mais c’est une auteure qui a fait ses preuves et une philosophe aguerrie en ce qui concerne le milieu de l’éducation. On constate dès le départ qu’elle connait extrêmement bien son sujet et elle réussit à pousser notre réflexion encore plus loin.

L’album jeunesse… pourquoi l’exploiter ?

L’ouvrage didactique est divisé en deux grandes parties : les concepts clés et les fiches d’exploitation pédagogiques. La lecture de la première partie est très inspirante et saura éclairer les enseignants qui en sont aux premiers pas dans cet univers fascinant qu’est celui de la littérature jeunesse, plus précisément de l’album. Les moins convaincus, quant à eux, seront éclairés et trouveront leur comble. On peut (et je suis si heureuse de ne pas être la seule à l’affirmer et à vouloir le crier haut et fort) lire des albums à tout âge, même aux grands du 3e cycle! Dans cette première grande partie qui se veut non seulement une réflexion sur ce type de texte, mais également une vulgarisation des concepts clés qui entourent l’album, Andrée Poulin réussit à faire un magnifique éloge des albums, de ces merveilleux tremplins vers la création comme elle le dit si bien. (Pssst! Voilà pourquoi J’enseigne avec la littérature jeunesse existe. 🙂 Continuez de nous lire et sautez avec nous…Allez, plongeons tous ensemble l’an prochain, les 18 000 membres que nous sommes!!)

L’album jeunesse… Andrée Poulin nous en parle en entrevue!

ELJ: L’album jeunesse est un « trésor » à exploiter selon vous. Quel est votre tout premier contact avec la littérature de jeunesse, votre tout premier trésor (coup de cœur) ?

A.P. : Dans l’album, l’un de mes tout premiers coups de cœur est un livre d’une auteure française, Bénédicte Guettier. C’est une histoire que j’ai lue à mes filles, des dizaines et des dizaines de fois. Le livre s’intitule Le papa qui avait 10 enfants. Le texte est minimaliste, mais drôle et touchant à la fois. Un superbe texte – et une fabuleuse facture visuelle – à hauteur d’enfants.


ELJ : D’où vous est venue l’idée d’écrire L’album jeunesse, un trésor à exploiter?

A.P. : Cette idée mijotait depuis plusieurs années, car quand j’ai commencé à faire des critiques d’albums pour divers médias, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de choses à dire sur le texte, mais que je manquais de connaissances et de vocabulaire pour analyser et critiquer les illustrations. Lorsque je me suis mise moi-même à publier des albums et à les animer dans les écoles, j’ai constaté que les enseignants manquaient eux aussi d’outils pour exploiter le plein potentiel des albums, surtout le volet de la littératie visuelle.


ELJ : Dans l’introduction, vous dites que vous ne voulez pas seulement écrire des livres, mais aussi militer pour faire vivre la lecture. Avez-vous l’impression d’avoir accompli ce que vous aviez espéré durant vos trois années de travail?

A.P. : Dans mon livre L’album jeunesse, un trésor à exploiter, j’ai mis la totalité de mes connaissances sur l’album. À mes yeux, l’ouvrage est fouillé et très complet. Je n’aurais pas pu en rajouter davantage. Ce qui ne sera jamais terminé, cependant, c’est mon travail pour faire connaître le potentiel de l’album. Militer pour donner le goût de lire aux jeunes, c’est un engagement de toute une vie. Surtout en ce 21e siècle des écrans, où il faut redoubler d’efforts pour rappeler aux jeunes l’importance des livres et aussi l’immense plaisir de lire.


ELJ : Beaucoup de place est accordée à la littérature québécoise dans votre livre. Comment avez-vous sélectionné les œuvres?

A.P. : J’ai sélectionné ces albums d’abord pour leur grande qualité littéraire et artistique, mais aussi pour leur potentiel ludique et pédagogique. J’ai opté pour des histoires qui étonnent et détonnent, des albums qui interpellent le lecteur et suscitent la réflexion. J’ai aussi sélectionné des albums qui couvrent toute une gamme de genres: fiction, abécédaire, documentaire, docu-fiction, poésie, album sans texte, etc.


ELJ : En quelques mots, pourquoi les enseignants devraient-ils se procurer ce livre?

A.P. : Parce que les enseignants pourront y découvrir l’immense potentiel pédagogique des albums. Sous des apparences distrayantes, l’album transforme l’apprentissage en un jeu absorbant et apparemment sans effort. Les albums constituent un condensé d’art, d’émotion, de suspense qui peut captiver, informer et émouvoir, autant les adultes que les enfants.

Ce manuel sur l’album offre un peu de théorie, mais surtout beaucoup de pratique. Il présente une multitude d’idées concrètes et d’activités clé en main. On y trouve des analyses du texte et des illustrations, des activités d’écriture et des fiches reproductibles.


Voici un aperçu des albums à exploiter, proposés par Andrée Poulin à travers cet ouvrage didactique…

Êtes-vous curieux de savoir sur quels projets d’écriture Andrée Poulin travaille présentement? 🙂 Voici ce qu’elle m’a dévoilé à ce sujet…

A. P. : J’ai toujours plusieurs albums en chantier. Ceci dit, j’ai quatre albums déjà terminés et qui sortiront en 2018 : Qui va bercer Zoé? au éditions Les 400 coups, un album tête-bêche (Le meilleur moment/Le pire moment) à la Bagnole, une histoire rigolote,  Le père Noël a peur des chiens (encore à la Bagnole) et une histoire de zèbre et panda (pour laquelle je cherche encore un titre…) chez Dominique et Compagnie.


* Extraits diffusés dans l’article avec l’accord de l’éditeur.